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Éléments de grammaire historique du catalan

Voir aussi Annexe:Dialectologie, Annexe:Prononciation.

IntroductionModifier

Le catalan est originairement un groupe de parlers romans (ie. issu du latin vulgaire) parlé dans la Marche Hispanique, à la frontière entre l'Empire de Charlemagne et les terres de la péninsule Ibérique sous domination musulmane. Le catalan naît donc comme une branche périphérique de l'occitan médiéval[1], avec qui il partage une grande partie de ses traits caractéristiques, particulièrement au niveau lexical (le lexique antérieur au XVème siècle est pour l'essentiel commun) et morphologique.

Par la suite, le domaine catalan s'est étendu vers le sud avec le processus de reconquête et s'est constitué comme ensemble homogène, un phénomène favorisé par les conditions politiques (rattachement à la Couronne d'Aragon de tous les territoires catalanophones, puis union de l'Aragon et de la Castille dans l'État espagnol).

La classification du catalan moderne n'est pas exempte de débats idéologiques (qui tiennent souvent plus à des questions identitaires que strictement linguistiques). De nombreux auteurs prestigieux tendent à l'inclure dans le diasystème occitan. D'autres le classent comme intermédiaire entre le gallo-roman (groupe francoprovençal /occitan/français) et les langues ibéroromanes. La plupart soulignent la proche parenté entre le catalan et la langue d'oc (on parle souvent de llengües bessones, 'langues jumelles'). Quelques auteurs rattachent le catalan au groupe ibéro-roman, mais au-delà d'un critère purement géographique ce classement est critiquable de plus d'un point de vue. D'autres ont développé le concept de roman pyrénéen, incluant catalan, aragonais et gascon, idiomes présentant des concordances notables sur le plan étymologique notamment, mais ce point de vue n'a rencontré que des échos limités.

Schématiquement, on peut affirmer que le catalan se distingue essentiellement de l'occitan moderne par un plus grand conservatisme (par exemple maintien de ū, et tendance au maintien intègre des groupes consonantiques savants[2]), à côté d'un certains nombre d'innovations caractéristiques.

Nous avons généralement traité à part le roussillonnais (catalan septentrional, modalité catalane parlée en France), qui se distingue essentiellement par des traits le rapprochant de l'occitan languedocien.

Principaux traits évolutifsModifier

Nous présentons ci-dessous les principaux traits évolutifs caractéristiques du catalan depuis le latin vulgaire tardif (nous ne traitons pas de l'onomastique, et en particulier de la toponymie, qui ne suit pas les mêmes principes et se caractérise notamment par un conservatisme très marqué). Certaines évolutions se retrouvent, partiellement ou totalement dans les autres langues romanes, comme nous tentons souvent de l'illustrer succinctement ; ce sont elles qui permettent de caractériser la langue au niveau structurel dans l'ensemble roman.

Toutes les évolutions présentées ici apparaissent dès la langue médiévale, mais pas au même moment et chacune a sa chronologie propre (ce qui permet parfois d'évaluer avec davantage de précision la date d'introduction d'un lemme)[3].

Pour les noms et adjectifs, nous indiquons ici la plupart du temps les formes latines correspondant à l'accusatif (cas dont sont généralement issus les mots romans) sans le -m final (qui n'était plus sensible en bas latin).

Lorsqu'un mot échappe à ces évolutions, il s'agit souvent d'un mot savant ou demi-savant (c'est-à-dire un mot qui a été introduit tardivement et calqué du latin, ou dont l'évolution normale a été freinée sous la pression normative ou institutionnelle, en particulier de l'Église), comme en témoignent certains doublets (ou même triplets) étymologiques (pex. farga [pop.] / fàbrica (sav.) < lat. făbrica ; contar [pop.] / comptar [semi-sav.] / computar [sav.] < lat. computāre)  ; dans certains cas, des évolutions ont été freinées afin de maintenir la distinction avec d'autres termes paronymes. Dans d'autres cas les évolutions divergentes peuvent s'expliquer par l'influence analogique de termes existants (on parle de croisement ou d'étymologie populaire). Nous n'évoquons ainsi que très ponctuellement les questions de morphologie verbale, qui se caractérisent par de nombreuses restructurations analogiques faisant exception aux principes évolutifs généraux.

Des points de détail de la prononciation dialectale peuvent être évoqués mais sont de préférence développés sur la page Annexe:Prononciation.

Dans le cas des emprunts à d'autres langues, l'évolution est en particulier conditionnée par la date d'introduction (le terme est d'abord adapté selon la morphologie et la phonétique correspondant au moment de son adoption, puis subit normalement les évolutions ultérieures comme des termes populaires). Les plus récents sont beaucoup plus aléatoires et influencés par la normative et les médias (certains emprunts sont « bruts », c'est-à-dire sommairement adaptés à l'inventaire phonétique catalan[4] ; d'autres subissent des adaptations plus ou moins profondes).

Perte des déclinaisonsModifier

Le latin classique reposait sur un système de déclinaisons (ou cas), dans lequel la terminaison de chaque nom, adjectif ou pronom indiquait sa fonction grammaticale.

Lors du passage au latin vulgaire, l'affaiblissement ou la perte de certains traits (notamment opposition voyelles longues / voyelles brèves, voir ci-dessous, et chute de -m) rend ce système caduc et ambigu, et les langues romanes développent une série d'innovations partagées permettant la distinction de la fonction des mots, en particulier l'adoption d'un ordre syntaxique plus rigide (typiquement : sujet-verbe-complément, le latin permettant au contraire une liberté presque totale dans le placement des syntagmes) et la création de nouvelles constructions prépositionnelles. Ainsi sont privilégées la construction de « de + ablatif » en remplacement du génitif ou la forme « a(d) + accusatif » en remplacement du datif. Remarquons que ,dans les langues romanes, seuls les pronoms personnels maintiennent un système proche du latin classique (distinguant en particulier sujet, complément direct et complément indirect). Seuls les pronoms personnels romans ont maintenu un système proche et hérité du latin.

Le français et l'occitan maintiennent jusqu'au XIIIème siècle un système casuel simplifié à deux cas (cas sujet et cas oblique), qui s'avère en grande partie redondant et ambigu (par exemple, le cas oblique singulier se confond dans de nombreux cas avec le cas sujet singulier, ce qui contribue à expliquer sa disparition ultérieure). On retrouve des indices de l'existence d'un tel système dans quelques textes catalans primitifs, mais ils sont beaucoup plus rares et il pourrait s'agir dans bien des cas de la traduction d'une influence occitane dans les usages écrits.

À quelques rares exceptions près, les noms et adjectifs romans sont issus des formes de l'accusatif latin.

VocalismeModifier

Vocalisme toniqueModifier

Perte de la quantité vocalique et phonologisation de l'accent tonique Modifier

En latin, la quantité vocalique était un trait phonologique pertinent (autrement dit, la quantité vocalique permet de former des phonèmes différents, et donc de distinguer certains mots). En passant au latin vulgaire, puis aux langues romanes, le trait s'est affaibli puis a fini par disparaître totalement. Pour compenser cette perte, qui entraînait la création de nombreux homonymes, les langues romanes ont employé de nouveaux recours pour créer des oppositions dans son système vocalique (notamment en créant des oppositions d'aperture inexistantes en latin classique).

En latin classique, chaque mot porte un accent tonique ; schématiquement : si l'avant-dernière syllabe est longue (c'est-à-dire si la syllabe est entravée ou si sa voyelle est longue), elle porte l'accent tonique, dans les autres cas la syllabe tonique est l'antépénultième (évidemment l'accent des monosyllabes retombe sur l'unique syllabe)[5]. La valeur de cet accent tonique est phonétique (et non phonologique, étant donné qu'il est déterminé par la répartition des quantités vocaliques des différentes syllabes du mot). Pour compenser la perte du trait de quantité, le catalan, comme la plupart des autres langues romanes, donne à l'accent tonique un caractère phonologique. Cet accent joue un rôle fondamental dans l'évolution du latin aux différentes langues romanes : la voyelle tonique s'avère extrêmement stable et les langues romanes ont un système vocalique tonique plus riche que le système atone. De plus l'évolution des voyelles atones est en grande part conditionnée par leur place par rapport à l'accent.

Le catalan se caractérise par un ferme maintien de l'accent tonique hérité du bas latin vulgaire. On trouve ainsi fréquemment des proparoxytons[6](?) (mots accentués sur l'antépénultième syllabe), bien que moins nombreux qu'en espagnol, portugais et italien (notamment en raison de la chute des voyelles finales). Ce trait l'oppose au gallo-roman ainsi qu'à l'aragonais, où différentes solutions (chute de la voyelle post-tonique essentiellement, parfois déplacement de l'accent vers la post-tonique en aragonais ou occitan[7]) ont pratiquement éradiqué les proparoxytons[8]. On trouve des cas isolés de déplacement d'accent en catalan, par exemple humit < lat. hūmĭdu, l'accent se trouvant déplacé par analogie avec les participes en -it, ou encore esperit < lat. spīritu (fr. esprit, oc. esperit ; dans ce cas le déplacement d'accent remonterait au latin tardif ecclésiastique[9]).

Notons qu'en latin vulgaire la syllabe tonique diffère de celle du latin classique dans certains cas. Par exemple, dans les séquences du type « ĭ ou ĕ + voyelle » en hiatus (par exemple bestĭŏla, arānĕa), ĕ et ĭ évoluent en yod (> [j]) dès le latin vulgaire et, dans le cas où ces dernières sont toniques en latin classique, l'accent se déplace vers la voyelle subséquente (?).

Évolutions généralesModifier

On sait que les voyelles longues du latin classique tendaient à être plus fermées que les brèves. Cette différence d'aperture est systématisée et tend à acquérir une valeur phonologique dans le latin vulgaire, trait transmis à la plupart des langues romanes[10].

On peut schématiser comme suit l'évolution des voyelles toniques latines dans le passage au catalan[11] (nous indiquons les graphèmes du latin classique et les phones du latin vulgaire et des langues romanes). L'évolution indiquée pour le latin vulgaire est valable pour la plus grande partie du domaine roman, mais le latin vulgaire d'autres zones de la Romania (notamment Sardaigne, sud de l'Italie et de la Corse, Balkans) présente une restructuration différente, plus archaïque, qu'il serait hors de propos de développer ici[12]

latin classique latin vulgaire catalan autres langues romanes
ā
ă
[a] [a] [a] en occitan général, italien, castillan, portugais, [a] en syllabe fermée et [e] en syllabe ouverte en français
ĕ [ɛ] [ɛ] [ɛ] en occitan général, italien
ie > [je] en castillan et aragonais
ē
ĭ
[e] [ɛ] (ouvert) en catalan central et dans une petite partie du majorquin[13]
[e] (fermé) en catalan occidental et alguérois
[e̞] (d'aperture médiane) en roussillonnais[14]
[ə] en catalan médiéval et dans la plus grande partie des parlers baléares modernes
[e] en occitan, italien... [e] d'aperture moyenne en castillan
ī [i] [i][i] en occitan, castillan, italien
ŏ [ɔ] [ɔ][ɔ] en occitan, italien
ue > [we] en castillan et aragonais
ō
ŭ
[o][o]
roussillonnais [u]
[u] en occitan[15] ([o] en occitan médiéval)[16], [o] en italien, [o] d'aperture médiane en castillan...
ū[u][u]
capicnois [ø]
[y] en gallo-roman ([ø] en languedocien sud-occidental) et dans une partie du rhéto-roman, [u] en italien, castillan, portugais
ae[ɛ] (ou plus rarement [e])[ɛ]
oe[e][e]
au[aw] (pas de monophtongaison générale, mais évolution variable selon les zones) [ɔ][aw] en occitan, roumain et une partie du rhéto-roman, [o] en français (< [aw] en ancien français), [ɔ] en italien, ou en portugais (prononcé [o] dans la plupart des parlers modernes), castillan [o] d'aperture médiane, sarde [a]
commentaires
  • L'évolution ū latin > [u][17] est trait conservateur que l'on retrouve en ibéro-roman et italien (lluna > [ˈʎunə] (or.), [ˈʎuna] (val.)) ; ce trait l'oppose au gallo-roman, qui connaît l'innovation ū > [y] : occitan référentiel luna [ˈlyno̞], français lune [lyn]).
  • Comme on le voit dans le tableau, la réduction des diphtongues latines au et ai (respectivement en o ouvert [ɔ] et e fermé [e] en catalan) se produit également en ibéro-roman et en italien. Le maintien de ces diphtongues est un trait conservateur caractéristique de l'occitan (certains parlers modernes tendent toutefois à les réduire)[18]. audīre, caulis, paucu, causa, pāupere > oir, col, poc, cosa, pobre ; occitan : ausir, caul, pauc, causa, paure ; castillan oír, col, poco, cosa, pobre. lāicu > llec ; castillan lego.
  • Les principes évolutifs de ē que nous avons indiqués sont ceux majoritairement admis par les études romanes actuelles, mais sont réfutés par certains auteurs (voir notamment Badia i Margarit 1994, qui conteste vigoureusement cette interprétation(?)) ; dans les faits on constate que cette loi phonétique souffre de très nombreuses exceptions

En catalan comme dans les autres langues romanes, ces lois de changement ne sont pas absolues et ont connu de nombreuses variations ou restructurations liées au contexte phonétique (voir infra). Par exemple, le suffixe (tonique) -ori, issu du latin -ōrium(m), est toujours prononcés [ˈŏɾi], avec o ouvert malgré le ō long latin (?). En particulier, les voyelles toniques de certains termes grammaticaux utilisés le plus souvent comme prétoniques (c'est-à-dire qui ne sont pas accentués dans le discours mais tendent au contraire à former une unité accentuelle avec le terme suivant) sont plus instables et peuvent évoluer comme des voyelles atones.

(?)

Le catalan se caractérise ainsi par l'absence de diphtongaison spontanée de ĕ et ŏ toniques latins (dite « diphtongaison romane »), comme le portugais et l'occitan médiéval[19]. Ce trait l'oppose au français et à l'italien, où ces sons ont débouché des diphtongues en syllabe ouverte (souvent réduites en français moderne mais dont la graphie porte la trace), et plus notoirement au castillan, ainsi qu'à l'aragonais, où la diphtongaison s'est produite indépendamment du type de syllabe[20] :

latin catalan occitan portugais italien français castillan
fĕru fer fèr (médiéval fer) fero fiero (anc. fero) fier fiero
tĕrra terra tèrra (médiéval terra) terra terraterre tierra
fŏcu foc fòc/fuòc/fuec/fuèc (médiéval foc) fogo fuocofeu fuego
pĕde peu (médiéval pe) piede pied pie
évolutions conditionnéesModifier
  • Diphtongaison devant yod ou palatale (romanes) de ĕ et ŏ toniques latins (cas où le castillan ne dipthongue pas), ultérieurement réduite en i, u[21]. Cette diphtongaison (sans réduction) est également présente en occitan[22]. Dans bon nombre de cas ĭ est l'évolution vulgaire (yod) de e classique en hiatus. ĕ tonique latin a diphtongué en catalan devant les groupes primaires ct, x, , , , , et devant le groupe secondaire cl (issu de la chute de la voyelle médiane)[23] ; la diphtongue de ŏ s'est essentiellement produite devant ĭ, ssĭ, stĭ, , (ŏle > oli [ˈɔli] est une exception), , ct et x primaires, et devant cl et lg secondaires[24]. Les deux phénomènes sont parallèles et se sont probablement déroulés simultanément.

Exemples d'évolution conditionnée ĕ > i :

latin classique latin vulgaire (ou forme romane ancienne) catalan occitan autres langues romanes
pĕctus (accusatif neutre) *peitus[25] pits (forme médiévale, plus tard interprétée comme un pluriel, d'où pit en catalan moderne)[26] pièch, pièit castillan pecho[27], portugais peito, it. petto, français pis (afr. peiz)
profĕctu *profĕĭtu profit profièch, profièit castillan provecho (arag. probeito, profeito, proueito), portugais proveito, anc. it. profetto (mod. profitto est issu de afr.), fr. profit
despĕctum *despĕitu despit despièch, despièit castillan despecho (arag. despeito), portugais despeito, italien dispetto (anc. despetto), français dépit (anc. despit)
mĕdium  ? mig mièg castillan medio, portugais médio, italien mezzo, français mi- (préfixe)
lĕctum *lĕitu llit lièch, liech, lèit, lièit castillan lecho (attesté au XIVème s. ; variantes médiévales antérieures : leito, lieto, leycho), portugais leito, italien letto, français lit
spĕculum *spĕc'lu espill espelh (< *spĭculu)[28], espielh (formes médiévales) castillan espejo (arag. espiello), portugais espelho, it. specchio
ŏculum *ŏc'lu ull uèlh, uòlh castillan ojo (arag. güello, huello), portugais olho, italien occhio, français œil

(?) Exemples d'évolution conditionnée ŏ > u :

latin classique latin vulgaire (ou forme romane ancienne) catalan occitan autres langues romanes
nŏctem *nŏite nuit/nuyt (forme médiévale, réduite en nit dans les parlers modernes) nuèch, nuech, nuòch, nuèit castillan noche (arag. noite, nuet, nuey), portugais noite, italien notte, français nuit
fŏliam  ? fulla fuèlha/fuòlha castillan hoja (arag. fuella), portugais folha, français feuille, italien foglia
cŏxam  ? cuixa cuèissa/cuòissa castillan coja, portugais coxa, français cuisse, italien coscia

L'évolution de ĕ dans căthĕdra (accentué sur ĕ en latin vulgaire) > cadira est d'interprétation délicate(?).

  • lat. ĭ, ē > [ɛ] dans les syllabes fermées en r (comme en niçois et provençal rhodanien notamment ; en français moderne, l'ouverture en [ɛ] se produit dans tous les cas en syllabe fermée) : vĭride > verd [ˈbɛɾt] (or.), [ˈvɛɾt] (val.).

(?)

vocalisme atoneModifier

  • Chute des voyelles atones finales à l'exception de -A : muru, flore > mur [ˈmuɾ], flor [ˈflɔ]/[ˈflɔɾ] ; ce trait l'apparente au gallo-roman (occitan mur [ˈmyɾ]/[ˈmyʁ], flor [ˈflu] ; français mur [myʁ], fleur [flœʁ]) et l'oppose au groupe ibéro-roman, ce dernier conservant les voyelles finales à l'exception de -e dans de nombreux cas (muro, flor en castillan et en portugais[29]) ou italo-roman qui les conserve toutes (muro, fiore en italien)[30].
évolutions conditionnéesModifier
  • Derrière certains groupes consonantiques difficiles à prononcer ou inexistants dans le système phonologique catalan en finale (tr, dr, gr, pl, ct...), la syncope de la voyelle finale est compensée par l'ajout d'un -e final épenthétique (comme en occitan et, sauf dans le dernier cas, en langue d'oïl ; ce e est amuï en français moderne standard [e « muet »]) ou, plus rarement, -o  : tĕmplu, quădru, sŏcru, contāctu, respĕctu > temple, quadre/quadro, sogre, contacte, respecte (occitan temple, quadre, sògre, contacte, respècte).

(?)

ConsonantismeModifier

De façon générale les langues romanes se caractérisent par une présence de palatales et de fricatives supérieure au latin, qui se révèle une langue très pauvre dans ces modes d'articulation (seulement deux fricatives s et f, qui peuvent être géminées, et aucune palatale). La langue catalane ne fait pas exception et des phénomènes de palatalisation et de fricatisation se rencontrent dans un grand nombre de combinaisons impliquant des consonnes.

Le catalan suit les tendances générales du traitement des consonnes dans le domaine roman occidental, avec quelques nuances particulières qui seront détaillées ci-dessous :

  • tendance au maintien des des consonnes initiales ([l] est palatalisé en [ʎ] en catalan)
  • usure des intervocaliques : simplification des géminées, voisement des occlusives sourdes, fricatisation des sonores, amuïssement
  • en position finale : disparition de la plupart des autres consonnes (le /-m/ a déjà chuté en latin vulgaire), intériorisation de /-r/ (ĭnter >entre), etc.

consonnes simplesModifier

  • comme dans la plupart des langues romanes modernes, fricatisation de c et g devant e ou i :
    • [k] (+ [e], [i], [j]) > [c]/[ts] > [s] : cāelu > cel [ˈsɛl] ; occitan : cèl/cèu [ˈsɛl]/[ˈsɛw] ; castillan : cielo [ˈθjelo]/[ˈsjelo] ; français : ciel [ˈsjɛl] ; portugais : céu [ˈsɛw] ; italien cielo ['tʃɛlo] ; roumain cer ['tʃer].
    • [g] (+ [e], [i], [j]) > [dʒ] > [ʒ] (or.), [] (val.) ; gĕlu > gel [ˈʒɛl] (or.), [ˈdʒɛl] (val.) ; languedocien : gèl [ˈdʒɛl] ; italien gelo [ˈdʒɛlo]
  • Maintien des groupes initiaux pl-, cl-, fl- (trait gallo-roman et aragonais). Ce trait l'oppose au groupe ibéro-roman (le groupe est palatalisé en castillan[31] et portugais) et à l'italien, qui vocalise le l du groupe en i [j].

Exemples :

latin catalan occitan aragonais français castillan portugais italien
plicāre plegar plegar plegar plier llegar chegar piegare
clāve clau clau clau(?) clef llave chave chiave
flămma flama flama flama flamme llama chama fiamma
  • derrière voyelle tonique, chute de -n- intervocalique devenu final à la suite de l'apocope de la chute des voyelles finales latines, comme en languedocien et limousin (ainsi qu'en gascon dans de nombreux cas)[32] : pāne, vīnu > pa [ˈpa], vi [ˈbi] (or.), [ˈvi] (val.) ; occitan pan (lg., lim. gasc. > [ˈpa] ; lg., gasc. > [ˈbi] / lim. > [ˈvi](?)) ; castillan pan, vino ; italien pane, vino ; portugais pão, vinho. À la différence de l'occitan toutefois, n est maintenu dans les pluriel (sauf en roussillonais) : pans, vins > [ˈpans], [ˈbins] (or.), [ˈvins] (val.) (lg. pans, vins > [ˈpas], [ˈbis]).
  • Sauf en valencien[33], forte tendance à l'amuïssement de r devenu final après la chute des voyelles finales latines, systématique dans les infinitifs (le r est néanmoins toujours maintenu dans la graphie). Ce trait est commun à l’ensemble du domaine occitan (dans l'ensemble occitano-roman, seuls le valencien et certains parlers vivaro-alpins ont maintenu -r). Ce -r est en revanche réactivé lorsque l'infinitif est suivi d'un pronom enclitique : ...
  • Comme dans toutes les langues romanes occidentales (hormis l'aragonais[34]), voisement des consonnes occlusives sourdes intervocaliques ou devant consonne sonore[30] : -p-, -t-, -c- > -b-, -d-, -g-. căpra, catēna, secūru > cabra, cadena, segur ; languedocien identique ; castillan cabra, cadena, seguro ; italien (roman oriental) : capra, catena, sicuro. Les consonnes résultantes sont fricatisées (prononcées [β ð ɣ]), comme en ibéro-roman, languedocien et gascon.
  • Réduction des groupes consonnantiques -mb-, -nd- > -m-, -n- (cămba, cŭmba, mandāre, bĭnda > cama, coma, manar, bena), comme en gascon et dans certains parlers languedociens contigus.
  • Dévoisement des sonores finales. Ainsi, en finale, b, d, g > [p], [t], [k] (le groupe -ig final donne [t͡ʃ]), comme en occitan (consonnes amuïes dans les parlers averno-méditerranéens modernes) : verd, àrab > [ˈbɛɾt] (or.), [ˈvɛɾt] (val.), [ˈaɾəp] (or.), [ˈaɾap] (val.).

Palatalisations (que l'on retrouve de façon éparse dans d'autres langues romanes) :

  • l- initial > ll [ʎ][35] : lūna, lēge > lluna, llei. Ce trait est commun avec l'asturléonais ; certains ont voulu y voir la marque d'un ancien substrat ibère (l'astur-léonais palatalise également n initial, phénomène ignoré du catalan). On le trouve également dans les parlers fuxéens (à l'extrême sud-ouest du domaine languedocien, dans une région de transition avec le catalan : lhuna contre la forme panoccitane luna).
  • Palatalisation de -is- [jʃ]/[ʃ] issu de -x-, -sc- : cŏxa, pĭsce > cuixa, peix. On retrouve ce trait en gascon (où la palatale résultante est notée (i)sh) et dans les parlers fuxéens.
  • -ly-, -ll-, -c'l-, -t'l- > ll [ʎ](?) ; mŭlier > muller ; cabăllu(m) > cavall ; aurĭcula(m) > *oric'la > orella ; vĕtulu > *vet'lu > vell. On retrouve ce trait en occitan : molhèr, cavalh, vièlh, aurelha[36]. En castillan, -ll- donne également [ʎ] (caballo). Dans les autres cas, le castillan médiéval présente une autre évolution palatale (une fricative), qui a évolué en [x] dans la langue moderne : mujer, oreja, viejo. Dans certains cas comme vīlla > vila, la géminée s'est simplement réduite (occitan vila, castillan villa).
  • [j] initial > [dʒ] > [ʒ] (or.), [] (val.) ; iăctāre > gitar [ʒiˈta] (or.), [dʒiˈtaɾ] (val.), [dʒiˈta] (n-occ.) (occitan : gitar [dʒiˈta] ; italien : gettare [dʒetˈtare]).
  • -nn-, -ni-, -gn- > ny [ɲ] ; ănnu > any, lĭgna > llenya. Le castillan et le portugais palatalisent également : año/anho, leña/lenha ; l'occitan médiéval patalise (lenha > [ˈleɲa], mod. [ˈleɲo̞]) mais réduit à [n] dans la plupart des parlers modernes en position finale an > [ˈan]. L'italien palatalise -gn (legna > [ˈleɲɲa]) mais maintient -nn- (anno > [ˈanno])

Traits spécifiques :

  • Chute de -c- devant e et i ainsi que de -ti-, en position intervocalique prétonique :
latin catalan occitan castillan français
placēre plaure, plaer plàser (var. plaire, cf. fr.), plaser placer afr. plaisir, fr. mod. plaisir, plaire (ce dernier est d'origine mal établie, peut-être issu d'une analogie ou bien d'un doublon lat. placĕre)
ratiōne raó rason razón raison
recĭpere rebre recebre recibir recevoir
cocīna cuina cosina cocina cuisine
vicīnu veí vesin vecino voisin
faciĕnda faena/feina fasenda hacienda
(faena est emprunté au catalan)
 ?
faciĕnte fent (faent dans la langue médiévale) fasent haciendo faisant
lucĕrna lluerna lusèrna lucerna afr. luiserne, 'lampe, lanterne' (luzerne est emprunté à l'occitan)
*attitiāre atiar atisar atizar attiser
lucēre lluir lusir lucir afr. luisir (mod. luire est une variante analogique)
Saracēnu sarraí sarrasin sarraceno sarrazin
racēmu raïm rasim racimo raisin

De même, l'occitan médiéval aizina (mod. aisina) donne en catalan eina (attesté vers 1300).

(?)

vocalisations de consonnes finales :

  • -d- intervocalique latin devenu final donne -u [w] :
latin catalan occitan castillan italien français
pĕde peu pie piede pied
prōde prou pro pro prode prou (afr. prod, pro, prut)
  • -ti-, -te, -ci et -ce post-toniques > u [w](?) :
latin catalan occitan castillan italien français
crŭce creu crotz cruz croce croix
cicatrīce cicatriu cicatritz cicatriz cicatrice cicatrice
nŭce nou notz nuez nuce noix
pāce pau patz paz pace paix
pŭteu pou potz pozo pozzo puits
vŏce veu votz voz voce voix
prĕtiu preu prètz precio prezzo (ant. prezio, pregio) prix

Tous les mots savants en -īce (> -iu) sont affectés par ce changement : matrīce > matriu, 'matrice', etc. (les correspondants dans les autres langues se retrouvent aisément).

  • -tis des flexions verbales de deuxième personne du pluriel > -u [w], après une étape médiévale en -tz (maintenue -tz > [s] en occitan moderne).

(?)

groupes consonantiquesModifier

  • Le groupe -act- devient -et (?), après une étape médiévale en -eit/-eyt : lacte-, factu- > *lleit, *feit (feyt est attesté en catalan médiéval) > llet, fet ; castillan : leche, hecho ; languedocien oriental et provençal lach, fach ; languedocien occidental lait, fait ; aranais lèit, hèt ; italien latte, fatto.

emprunts au germaniqueModifier

emprunts à l'arabeModifier

hispanismesModifier

Le roussillonnaisModifier

Traits différentiels :

  • Absence de mots proparoxytons, comme dans la quasi-totalité de l'occitan.
  • Absence d'opposition [o]/[ɔ] pour les mots patrimoniaux : [ɔ] devient un [o] d'aperture médiane, tandis que [o] devient [u] (comme en occitan) et se confond ainsi avec u issu de ū latin (également [u] dans le reste du catalan, [y] en gallo-roman). Dans le parler capcinois néanmoins, ū latin > [ø], comme dans le languedocien sud-occidental (dont il est contigu).
  • Absence d'opposition [e]/[ɛ], e tonique étant prononcé avec une aperture moyenne.

NotesModifier

  1. Ferrando Francés et Amorós 2011, p. 61-63
  2. Ces groupes sont néanmoins souvent maintenus dans une bonne part des parlers fuxéens (languedocien), et tendent à se simplifier par assimilation en roussillonnais et baléare (comme dans la plus grande partie du languedocien)
  3. Il est néanmoins souvent difficile d'évaluer avec précision l'apparition d'un trait innovant : un trait n'apparaît pas instantanément partout mais se diffuse lentement à partir de son foyer, qui dans bien des cas se trouve dans d'autres domaines de la Romania, et on ne dispose que d'une documentation lacunaire et d'interprétation délicate : les écrits anciens, qui sont relativement peu nombreux, sont de plus souvent marqués par des tendances latinisantes conservatrices et présentent des formes archaïques qui ne correspondent pas nécessairement à la prononciation effective au moment de leur rédaction. En revanche, les études comparatives permettent généralement d'établir avec une assez bonne certitude la chronologie relative des innovations.
  4. Remarquons que les « h aspirés » d'autres langues, notamment de l'anglais, sont généralement restitués par la fricative glottale [x] empruntée au castillan et absente du système catalan.
  5. Remarquons que les verbes formés par préfixation étaient accentués sur le préfixe en latin classique ; ce trait ne s'est pas transmis aux langues romanes (le préfixe peut néanmoins porter un accent secondaire lorsque la nature composée du terme reste consciente chez les locuteurs, dans les mots de toute nature).
  6. Bec 1973, p. 28
  7. Voir Lausberg 1965, § 287.
  8. En occitan on trouve encore des proparoxytons, dans certains parlers périphériques comme le niçois, les parlers vivaro-alpins orientaux et le gascon aranais ; en français cette tendance s'est manifestée de façon extrême si bien que tous les mots sont oxytons (accentués sur la dernière syllabe) dans la langue standard moderne (si l'on omet les possibles prononciations de e final > [ə] dans certains contextes syntaxiques ; en aragonais cette tendance, bien que marquée, n'est pas uniforme dans tous les parlers
  9. DECat, T. III, p. 650, l. 13-30
  10. Le castillan est une exception à ce niveau, puisqu'il ne connaît que cinq phonèmes vocaliques, indépendamment du caractère tonique (/a/, /e/, /i/ et /u/) ; cependant cette pauvreté du système vocalique est compensée par la diphtongaison spontanée (non conditionnée) de tous les ĕ et ŏ toniques en ie [je] et ue [we] respectivement (ie et ue jouent en quelque sorte le rôle de substitut des deux voyelles toniques [ɛ] et [ɔ] d'autres langues romanes, dont le catalan).
  11. Tableau adapté de Lluís Cabruja, Pere Casanellas et M. Àngles Massip, Història de la llengua catalana (síntesi, textos i exercicis), Columna, 1993, p. 101
  12. Voir Lausberg 1965, § 158 et suivants.
  13. Ce traitement apparaît comme aberrant du point de vue de la phonétique historique, mais c'est celui qu'on retrouve majoritairement dans la graphie lorsque les règles d'accentuation exigent de noter l'aperture (è ; dans la plupart des cas la norme valencienne permet de noter é, mais de nombreux auteurs suivent ici la norme centrale)
  14. Nous notons néanmoins souvent [e] dans ce cas dans les entrées du dictionnaire.
  15. Donne souvent [y] en limousin.
  16. Le déplacement [o] > [u] s'est produit après le changement [u] (< lat. ū) > [y] caractéristique du gallo-roman (voir ligne suivante du tableau).
  17. Veny 2008, p. 35
  18. notamment l'auvergnat, et dans certains cas le provençal rhodanien et le gascon
  19. Les parlers occitans modernes présentent un état complexe de diphtongues de [ˈɛ](?) et [ˈɔ] (certains parlers tendent à diphtonguer systématiquement [ɔ] > [wɔ]...), généralement sans valeur phonologique.
  20. la diphtongaison ne s'est néanmoins pas produite en castillan devant yod (et derrière certains groupes consonantiques, comme dans flor)), à la différence de l'aragonais
  21. Cette hypothèse est celle communément admise ; quelques auteurs la réfutent néanmoins (on ne dispose d'aucune attestation écrite de cette dipthongaison) et soutiennent que le résultat catalan serait simplement issu de la fermeture de la voyelle du bas latin sous l'influence de la palatale, mais de sérieuses objections existent.
  22. Le polymorphisme //ue de la diphtongue de ŏ s'explique par la coexistence de formes correspondant à des stades évolutifs différents : est la forme primitive de la diphtongue (voir italien uo), maintenue dans une partie du languedocien, tandis que (puis ue) correspond à une évolution ultérieure (voir la diphtongue castillane ue).
  23. Fouché 1924 (1), p. 30-34.
  24. Fouché 1924 (1), p. 44-45.
  25. stade auquel s'est arrêté le portugais (peito) ; en castillan, ce yod a eu une influence remarquable, en bloquant la diphtongaison et en entraînant la palatalisation de la consonne subséquente, avant de disparaître (> pecho [ˈpet͡ʃo])
  26. Fouché 1924 (1), p. 29
  27. Comme l'indique Coromines (DCECH), le résultat phonétique devrait être pechos pour le singulier, forme non attestée, mais on remarque que la langue médiévale utilise toujours le terme au pluriel (on a donc certainement un phénomène identique au catalan, voir supra.
  28. Fouché 1924 (1), p. 31
  29. -e atone latin chute normalement en castillan derrière l, n, r, s, d et t) ; le portugais conserve généralement -e derrière t. De plus, le castillan montre quelques cas d'apocope de -o (ils étaient plus nombreux dans la langue médiévale).
  30. 30,0 et 30,1 Entrée « català » de la Gran Enciclopèdia Catalana
  31. ces groupes sont néanmoins maintenus dans certains termes en castillan, sous influence savante ou du contexte phonétique
  32. Bec 1973, p. 44
  33. la chute de r final peut néanmoins se rencontrer dans certains parlers de La Marina (valencien méridional) sous influence baléare (à Xàbia, l'ALDC recueille un -r final systématiquement atténué ou amuï).
  34. On trouve également des cas ponctuels de conservation en occitan gascon
  35. Lausberg 1965, § 308.
  36. dans les cas où le groupe s'est retrouvé en position finale, il a néanmoins donné différents résultats dans les parlers modernes : [l] (par exemple en languedocien central), [j] ou [w] (en provençal) ; il s'est souvent amuï en dauphinois ; [ʎ] final est maintenu notamment dans les parlers fuxéens

BibliographieModifier

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  • Antoni Maria Badia i Margarit, Gramàtica històrica catalana, Tres i Quatre, Valence, 1994 [3ème éd.]
  • Pierre Bec, La Langue occitane, PUF, col. « Que sais-je ? », 1973 [3ème éd.]
  • Pierre Bec, Manuel pratique de philologie romane (2 tomes), Paris, Picard, coll. « Connaissance des langues »
  • Francesc de Borja Moll, Gramàtica històrica catalana, Universitat de València, 2006 [2nde éd.]
  • Lluís Cabruja, Pere Casanellas et M. Àngles Massip, Història de la llengua catalana (síntesi, textos i exercicis), Columna, 1993
  • Joan Coromines et José A. Pascual, Diccionario crítico etimológico castellano e hispánico Madrid, Gredos, 1991-1997, 6 vols. ISBN 978-84-249-1362-5
  • DECat
  • Germà Colón Domènech et Lluís Gimeno Betí (éd.), La llengua catalana en temps de Jaume I, Universitat Jaume I, Castellón de la Plana, 2010
  • Carles Duarte et Àlex Alsina i Keith, Gramàtica històrica del català, T. I, Curial, Barcelone, 1984
  • Antoni Ferrando Francés et Miquel Nicolàs Amorós, Història de la llengua catalana, Barcelone, Editorial UOC, 2011, 2e éd., 552 p. (ISBN 978-84-9788-380-1)
  • Pierre Fouché, Phonétique historique du roussillonnais, Toulouse, 1924
  • Pierre Fouché, Morphologie historique du roussillonnais, Toulouse, 1924
  • Lluís Gimeno Betí, Els orígens de la llengua, Bromera/Institut Interuniversitari de Filologia Valenciana, Alzira, 2005
  • Heinrich Lausberg, Lingüística románica, T. I « fonética », Gredos, 1965 [trad. J. Pérez Riesco et E. Pascual Rodríguez]
  • Joan Veny et Lídia pons i Griere, Atles lingüístic del domini català, Vol. I, Barcelone, 2004

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